Cimetières d'Edimbourg, lieux hantés, souterrains : mon avis sur la visite
Les cimetières d'Edimbourg ne ressemblent à aucun autre. Dans la capitale écossaise, ils sont bien plus que des lieux funéraires : chargés d'histoires de fantômes, de légendes macabres et de récits historiques souvent violents, ils font partie intégrante de l'identité de la ville. Greyfriars Kirkyard en est l'exemple le plus connu — et le plus hanté.
Pour explorer ces lieux hantés d'Edimbourg autrement qu'en simple promenade, j'ai choisi une visite guidée qui emmène à la fois dans les cimetières historiques de la vieille ville et dans les vaults du South Bridge — ces souterrains où se mêlent misère, sorcellerie et instruments de torture. Humour macabre, narration historique et atmosphère gothique : voici ce que j'en ai pensé.
Les cimetières d'Édimbourg sont parmi les plus chargés d'histoire d'Europe. Greyfriars Kirkyard est le plus célèbre — bodysnatchers, Covenanters, fantômes — et s'explore idéalement lors d'une visite guidée qui mêle narration historique et humour macabre. Compter 1h30 et environ 27£.
Greyfriars : Bodysnatchers, covenanters et lasagnes de cadavres
La première partie de la visite se déroule à Greyfriars Kirkyard, l’un des cimetières les plus connus d’Édimbourg. C’est aussi, sans surprise, l’un des plus chargés en histoires macabres.
Les bodysnatchers d'abord. À l'époque, les médecins cherchaient désespérément des cadavres à disséquer pour comprendre l'anatomie humaine — et rachetaient les corps à prix d'or. Une intention louable, une dérive monumentale : des voleurs de cadavres ont vite compris qu'il y avait là un business lucratif, et se sont mis à déterrer les corps fraîchement ensevelis pour aller les revendre aux écoles de médecine. Les familles, pour protéger leurs morts, ont commencé à entourer les tombes de cages en métal — ces structures qu'on voit encore aujourd'hui à Greyfriars, et qui donnent au cimetière une partie de son atmosphère si particulière.
L'histoire a atteint son paroxysme avec Burke et Hare, deux Irlandais installés à Edimbourg qui ont décidé de court-circuiter le processus : plutôt que de déterrer des morts, autant créer les cadavres directement. Ils ont assassiné 16 personnes entre 1827 et 1828, vendant les corps au Dr Robert Knox. Hare a dénoncé Burke pour sauver sa peau — Burke a été pendu, et son corps envoyé à la dissection. Justice poétique.
Les Covenanters ensuite. Au XVIIe siècle, ces presbytériens écossais ont eu l'audace de signer un pacte affirmant que Dieu passait avant le roi dans l'ordre des priorités — ce qui, aux yeux de Charles II, relevait de l'insubordination pure et simple.
Le roi, dont l'ego n'avait visiblement pas de plafond, a décidé que cette opinion méritait la mort. Des milliers de Covenanters ont été persécutés, exécutés ou emprisonnés. Environ 1200 d'entre eux ont été entassés dans un enclos à Greyfriars dans des conditions épouvantables — froid, famine, maladie. Beaucoup y sont morts. Tout ça parce qu'ils avaient osé suggérer que la famille royale n'était peut-être pas au même niveau que Dieu.
C'est là qu'entre en scène George Mackenzie — l'homme chargé de superviser tout ce massacre avec un enthousiasme qui lui a valu le surnom de "Bluidy Mackenzie". Il est mort en 1691 et a été enterré à Greyfriars, et on pensait que son histoire s’arrêtait là.
Sauf qu'en 1999, un sans-abri est tombé à travers le plancher de son mausolée — atterrissant directement sur ses restes. Depuis, les incidents se multiplient à Greyfriars : visiteurs griffés, évanouis, pris de malaises inexplicables. Levé du pied gauche, ça finit par se comprendre.
Sous Edimbourg : tunnels, pénombre et récits plus sombres
La seconde partie de la visite se déroule dans un lieu accessible uniquement via cette visite — ce qui vaut déjà le détour en soi. On entre par une porte dérobée, on monte un escalier étroit et confiné, et on tombe face à une collection d'instruments de torture. Le guide prend le temps de détailler chacun d'eux : à quoi ils servaient, dans quels cas ils étaient utilisés, et sur qui. C'est précis, documenté, et franchement perturbant — mais toujours raconté avec cette distance et cet humour noir qui caractérisent la visite.
On descend ensuite dans les vaults — ces caves voûtées situées sous les arches du South Bridge, construites à la fin du XVIIIe siècle. À l'origine prévues pour abriter des commerces et des ateliers, elles sont rapidement devenues le refuge des plus démunis d'Edimbourg : sans-abri, prostituées, criminels, malades. Pas de lumière naturelle, pas de ventilation, une humidité permanente. Les conditions sanitaires étaient catastrophiques — typhus, choléra, tuberculose. On estime que certaines familles y ont vécu pendant des décennies sans jamais voir la lumière du jour.
Pour finir, la visite aborde la sorcellerie et les covens — un chapitre particulièrement sombre de l'histoire d'Edimbourg, où des centaines de femmes ont été accusées de sorcellerie et exécutées entre le XVIe et le XVIIIe siècle. L'Écosse a d'ailleurs été l'un des pays européens les plus meurtriers en matière de chasse aux sorcières, avec environ 2500 exécutions recensées. Dans les souterrains, on découvre un cercle de pierres — un pentagramme tracé au sol, utilisé lors de rituels wiccans. La tradition wiccane est encore vivante aujourd'hui, et ce cercle est paraît-il toujours actif. La consigne est claire : on ne rentre pas dedans. La raison officielle ? Quiconque pénètre dans le cercle sans y être invité risque d'attirer une énergie négative — et les guides racontent volontiers des histoires de visiteurs qui ont ignoré l'avertissement et ont regretté leur curiosité. Personne dans notre groupe n'a semblé particulièrement motivé à tester.
Est-ce que je recommande cette visite des lieux hantés et cimetières à Edimbourg ?
Oui — à condition de bien comprendre ce que c'est et ce que ce n'est pas. On n'est pas dans une maison hantée ou une attraction horrifique où l'on sursaute à chaque coin de rue. Cette visite des cimetières d'Edimbourg prend le temps de raconter l'histoire, les légendes macabres et le contexte très réel des lieux. On accumule anecdotes et récits courts, parfois franchement glauques — à un moment, la guide explique que le nombre exact de corps enterrés à Greyfriars est impossible à estimer, tant les couches se superposent. Sa comparaison ? Des lasagnes de cadavres. Si ce genre d'humour vous fait rire, vous êtes clairement au bon endroit.
J'ai beaucoup ri, fait de belles photos, et c'est en grande partie grâce au guide — la mienne s'appelait Diva, ce qui lui allait à merveille : humour noir assumé, rythme parfait. Ce que je retiens surtout, c'est Greyfriars, que je considère comme un indispensable absolu. Certaines visites ne l'incluent pas, ce qui est franchement dommage. La partie dans les souterrains penche davantage vers la torture et l'occultisme — une ambiance plus oppressante, différente des cimetières à proprement parler.
La visite dure environ 1h30, pour un tarif autour de 27£ par personne — un très bon rapport qualité-prix. Elle se déroule en anglais, mais attention : le vocabulaire est spécifique et les histoires sont denses. Si vous n'êtes pas parfaitement à l'aise en anglais, je vous conseille vraiment de chercher une visite dans votre langue natale, sous peine de passer à côté de l'essentiel.
Le point de rendez-vous se situe sur le Royal Mile. Le parcours remonte ensuite jusqu'à Greyfriars Kirkyard pour 45 minutes, avant de rejoindre les souterrains pour 45 minutes supplémentaires. La visite se termine vers Cowgate.
➤ Si cette expérience vous tente, vous pouvez réserver directement la visite des souterrains hantés et des cimetières (pensez à vérifier que Greyfriars est inclus !).
➤ Et pour aller plus loin, je vous partage aussi d’autres idées de visites et d’activités à Edimbourg, à choisir selon vos envies et votre façon de voyager : voir mon article sur quoi faire à Edimbourg.