En coulisses
Je m'appelle Auriane.
J'ai grandi en Mayenne, dans une famille qui transformait n'importe quelle sortie en moment. Mon grand-père déclamait « En route, mauvaise troupe ! » au moment de mettre son manteau. Ma mère posait toujours la même question, assise dans un pré, dans une forêt, ou devant un coucher de soleil : « On est pas bien, là ? », et elle avait toujours raison.
C'est de là que vient ma façon de voyager. Et ce site.
Parce que ce regard sur le monde, il conditionne tout mon rapport au voyage. Parce qu'il n'y a pas besoin de faire des trucs spectaculaires pour être bien quelque part. Un cinnamon roll sur un banc devant le Solfar à Reykjavik. Un café face à la Ross Fountain à Édimbourg sous un ciel de janvier. Un goûter en forêt dans la campagne mayennaise.
« On est bien, là. » suffit.
Le tableau de mes voyages
Dans mon salon, il y a un tableau d'un mètre de côté. Cent cases. Une mappemonde au centre. Dans chaque case, plusieurs souvenirs physiques rapporté de chaque endroit visité.
J'aurais pu tenir un carnet. Mais un carnet, on ne l'ouvre pas, et il finit oublié dans un placard ou une bibliothèque. Mon tableau, il est là, dans mon salon : mes proches s’arrêtent dessus quand ils viennent, et ça donne l'occasion de revivre les souvenirs à voix haute.
Dans la case Islande, il y a un macareux moine, qu'on appelle un puffin avec ma sœur, avec l'accent français, ce qui donne à peu près "puffain". Et une fleur de lupin ramassée lors de mon premier road trip en 2016, séchée entre les pages de mon guide de voyage.
Dans la case Sardaigne, une plume rose de flamand rose, parce qu'il y a aussi des plumes grises dans les réserves naturelles, et qu’on a passé un bon moment à en chercher une rose.
Dans la case Croatie, une miniature de notre voiture de location et une petite carte sur laquelle j'ai dessiné notre périple le long de la côte dalmate.
Dans la case Crète, un magnet Minotaure acheté au palais de Knossos, qui reste à ce jour une des visites qui m’a rendu le plus perplexe.
Et dans la case Bulgarie, un papier chiffonné : la contravention reçue à Sofia, où j’ai retrouvé ma voiture de location immobilisée quand il était l'heure de filer la restituer à l'aéroport.
Ce n'est pas une collection de beaux souvenirs. C'est une collection de voyages — avec tout ce que ça implique.
Les sujets qui m’animent
Mes vies d’avant
Avant En Route, Mauvaise Troupe, j'ai eu plusieurs vies assez différentes en apparence. Cinq ans à l'Assemblée nationale comme collaboratrice parlementaire, où j'ai appris à organiser une visite d’un ministre en moins de 48 heures, à travailler avec des sources solides, et à ne jamais promettre ce que je ne pouvais pas tenir. Ces réflexes n'ont pas disparu quand j'ai commencé à faire des roadbooks. Ce que vous lisez ici est documenté, recoupé, et contredit parfois ce qu'on trouve ailleurs. Ce que je n'ai pas trouvé à la hauteur, je vous le dis, parce qu'un voyage mérite souvent mieux qu'une liste générique d'incontournables.
L'autre vie, c'est la restauration - salariée d'abord, puis très jeune à la tête de mon propre coffee shop, et d’une entreprise traiteur par la suite. Ce que ça m'a appris : il ne faut jamais sous-estimer ce que vaut une bonne expérience. C'est ce regard-là que j'applique quand je teste un restaurant à Édimbourg, une fabrique de loukoums à Chypre ou une cave à vin en Campanie, avant de vous en parler ici.
La promesse d’En route, Mauvaise troupe
Je ne vous promets pas le voyage parfait. Ce que je vous promets, ce sont les vraies informations pour que vous puissiez l'organiser vous-même, avec vos envies, votre rythme, vos priorités.
Mais aussi les histoires. Celles qui font qu'on rentre d'un voyage avec quelque chose à raconter. Pourquoi ce monument, pourquoi ce rituel, pourquoi cette mèche de cheveux encadrée dans ce pub. Le contexte qui transforme une visite en souvenir.
Maintenant vous savez d'où vient tout ça. En route, Mauvaise Troupe.