De Naples à Ischia : comment gérer votre escale

Soyons honnêtes : les deux premières fois que je suis passée par Naples pour aller à Ischia, je n'ai pas aimé. Trop bruyant, trop sale, trop tassé. Je traversais la ville en mode survie et je montais dans le ferry avec soulagement (alors que j’ai le mal de mer, c’est dire)

La troisième fois, j'ai décidé de m'arrêter — principalement parce que je voulais voir la Cappella Sansevero et le Cristo Velato, et que je n'allais quand même pas passer à côté pour la troisième fois. C'est pendant la visite guidée qu'une phrase a tout changé. La guide, en parlant de la mentalité napolitaine, a dit : "we live between two active volcanoes : of course we are crazy and lazy."

Crazy and lazy. Ça rime, ça sonne juste, et ça m'a réconciliée avec le chaos de Naples en trente secondes. Il y a un épicurisme ici que je n'avais pas perçu. Une philosophie de vie qui n'est pas de la négligence — c'est une réponse parfaitement rationnelle au fait de vivre entre le Vésuve et les Champs Phlégréens. Quand deux volcans actifs encadrent votre quotidien, vous apprenez à profiter du moment présent plutôt qu'à vous battre contre lui.

Naples, ça se vit en lâchant prise. Une fois qu'on accepte ça, la ville devient beaucoup plus intéressante.

Naples, c'est aussi le passage obligé pour rejoindre Ischia — à l'aller ou au retour, selon comment vous organisez votre séjour. Ce guide est là pour vous aider à ne pas la subir, mais à en tirer quelque chose selon le temps que vous avez.


Naples est le point de départ incontournable pour rejoindre Ischia en ferry. La ville se visite à pied depuis le centre historique classé UNESCO : Duomo, Cappella Sansevero, Santa Chiara forment un axe compact selon le temps disponible. L'essentiel : lâcher prise sur le chaos napolitain, et en profiter plutôt que de le subir.


Le Molo Beverello, le port de Naples pour les ferries vers Ischia

Depuis l'aéroport et la gare : rejoindre le port

Le port de Naples, c'est le Molo Beverello pour les ferries rapides vers Ischia — et c'est là que vous voudrez être avant l'embarquement. La bonne nouvelle : Naples est une ville dense et bien desservie, les trajets depuis les deux points d'entrée principaux sont rapides.

Depuis l'aéroport de Naples - Capodichino

L'aéroport est à environ 7 km du centre. L'option la plus simple est l'Alibus, la navette directe qui relie l'aéroport à la Piazza Garibaldi (gare centrale) et à la Piazza Municipio, à deux pas du Molo Beverello. Compter 20 à 30 minutes selon le trafic. Les taxis existent évidemment — tarif fixe réglementé depuis l'aéroport, sans mauvaise surprise.

Depuis la gare centrale (Napoli Centrale)

La gare est à Piazza Garibaldi, à environ 2 km du port. Le métro ligne 1 vous dépose à Piazza Municipio en quelques minutes. Sinon, le trajet à pied longe le centre historique et prend une vingtaine de minutes — c'est faisable si vous avez les bagages en consigne et du temps devant vous.

Pour tous les détails logistiques, les liens de réservation et la carte interactive exclusive, vous pouvez télécharger le roadbook Ischia, l’île-volcan.

Centre historique de Naples

Que faire à Naples selon le temps disponible ?

Le centre historique de Naples est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO — ce qui ne l'empêche pas d'être bruyant, dense et un peu écrasant. C'est une des plus vieilles villes d'Europe, et ça se voit, ça se sent, et parfois ça s'entend de loin. L'axe principal, Spaccanapoli, coupe la ville en ligne droite comme un scalpel. Tout ce qui vaut le détour est dans ce corridor ou à quelques minutes à pied — et tout se fait à pied, ce qui est une bonne nouvelle quand on a les bagages en consigne et quelques heures devant soi.

Vous avez 2 à 3 heures

Allez au Duomo. Pas parce que c'est la cathédrale la plus impressionnante d'Italie — elle ne l'est pas — mais parce que c'est là que repose San Gennaro, le saint patron de Naples, dont le sang séché est conservé dans deux ampoules depuis le IVe siècle. Trois fois par an, il est censé se liquéfier. Les Napolitains y croient profondément. L'Église, officiellement, ne se prononce pas. C'est le genre de truc qu'on ne voit nulle part ailleurs, et il est à 10 minutes à pied du port. L’article complet sur San Gennaro est en ligne.

Les ruelles du centro storico autour du Duomo méritent qu'on les traverse lentement — ou du moins, aussi lentement que Naples vous le permettra.

Vous avez une demi-journée

Ajoutez la Cappella Sansevero. C'est pour ça que je me suis arrêtée à Naples la troisième fois — j'avais très envie de voir le Cristo Velato, et je n'allais pas passer à côté pour la troisième fois consécutive. C'est une sculpture en marbre du XVIIIe siècle où le voile qui recouvre le Christ semble en tissu véritable. Devant, on ne comprend pas vraiment ce qu'on voit. C'est l'une des choses les plus étranges et les plus belles que j'aie vues dans un édifice religieux. Derrière l'oeuvre, il y a Raimondo di Sangro, prince, inventeur, alchimiste, franc-maçon : un personnage qui mérite qu'on s'y attarde. Je lui consacre d’ailleurs un article.

De là, poussez jusqu'à Santa Chiara. Le couvent et son cloître intérieur recouvert de majoliques peintes sont une pause inattendue dans le bruit de la ville. Moins connu que Sansevero, plus calme, très beau.

Vous avez 48 heures

Dans ce cas, Naples n'est plus une escale — c'est un séjour à part entière, et vous avez raison de le traiter comme tel. C'est ce que j'ai fait au retour de mon dernier séjour à Ischia, et c'est là que j'ai commencé à comprendre la ville autrement. L'axe Spaccanapoli de bout en bout, les marchés (la Pignasecca, le Mercato di Porta Nolana), Pizzofalcone pour la vue, Chiaia pour boire un verre le soir. Et les spécialités culinaires — parce que manger à Naples avec 48 heures devant soi, c'est une activité à part entière.

Part de pizza servie à pliée en deux, à la main, pour manger sur le pouce

Manger et dormir à Naples

Manger

Naples, c'est la ville de la pizza. Pas "une bonne ville pour la pizza" — la ville où la pizza a été inventée, codifiée, protégée par une AOC européenne. Une pizza margherita ici n'a rien à voir avec ce que vous mangez ailleurs, et vous le saurez à la première bouchée.

À côté de ça : les sfogliatelle (pâtisseries feuilletées fourrées à la ricotta, en version riccia ou frolla), le caffè napolitain serré debout au comptoir, et la frittura — les frittures de street food qu'on mange en marchant dans les ruelles.

J’ai adoré manger à Naples. J’ai consacré un article aux spécialités que j’ai préférées : à ne pas lire si vous commencez à avoir un creux.

Dormir - les quartiers où se loger

Centro Storico. C'est le cœur de tout ce qui est mentionné dans cet article. Idéal si vous êtes là pour le patrimoine et les ruelles. Animé, pas toujours silencieux, mais imbattable pour l'immersion — et cohérent avec la philosophie crazy and lazy.

Chiaia. Le quartier chic de Naples, le long du front de mer. Plus calme, plus résidentiel, cafés et restaurants de qualité. Bien pour un séjour de 48h avec une envie de souffler entre deux visites.

Quartieri Spagnoli. Les quartiers espagnols, juste à l'ouest du centre historique. Dense, populaire, authentique. Moins touristique que le centro storico, quelques belles adresses cachées. À choisir si vous voulez voir une Naples qui ne joue pas pour les visiteurs.

Vomero. En hauteur, au calme, avec une vue sur la baie. Quartier résidentiel et bourgeois. Moins bien placé pour visiter à pied, mais agréable si vous préférez un rythme plus posé.


Naples et Ischia fonctionnent bien ensemble — la première est dense, bruyante, chargée d'histoire et de volcanisme latent ; la seconde est exactement l'inverse. Prendre le temps de l'escale plutôt que de la subir, c'est arriver à Ischia avec déjà quelque chose à raconter. Et peut-être, comme moi, changer d'avis sur une ville qu'on pensait avoir comprise trop vite.

Si vous préparez un séjour sur l'île, l'article complet sur Ischia vous donnera toute l’inspiration nécessaire à la préparation de votre voyage : thermes, plages, incontournables et coups de coeur personnels.

Pour préparer la suite du séjour (ferry, logistique sur l'île, adresses, itinéraires) le roadbook Ischia, l’île-volcan est disponible en boutique — itinéraires, adresses, cartes Mapstr, tout ce qu'il faut pour partir sans improviser.

Suivant
Suivant

Castello Aragonese d'Ischia : ce qu'on voit, ce qu'on ressent, et pourquoi ça vaut 2 heures