Le Royal Mile d’Edimbourg : le coeur gothique de la capitale écossaise

Le Royal Mile à Edimbourg, c'est l'endroit où tout commence. Que ce soit votre premier jour ou votre cinquième, vous y reviendrez — pas par obligation, mais parce que l'atmosphère est addictive. Les façades en pierre sombre, les ruelles qui partent dans tous les sens, et cette cornemuse qu'on entend quelque part sans jamais vraiment savoir d'où elle vient. Visiter le Royal Mile d'Edimbourg, c'est entrer dans le cœur historique de la capitale écossaise : théâtral, presque cinématographique, et profondément rassurant.

Lors de mon premier séjour, j'avais un hôtel à quelques centaines de mètres. C'était une des meilleures décisions logistiques du voyage. Voici ce que j'y ai fait, comment je vous conseille de l'aborder, et une chose que je nuancerais.


Le Royal Mile est l'artère principale de l'Old Town d'Edimbourg, reliant le château de la ville au palais de Holyrood. C'est le cœur historique et touristique de la capitale écossaise : théâtral, vivant, et différent selon l'heure à laquelle on le parcourt.


Le Royal Mile : une rue qui a traversé les siècles

Le Royal Mile doit son nom à sa longueur approximative d'un mile écossais, soit un peu plus d'un kilomètre et demi. Mais ce qui en fait la richesse, c'est surtout ce qu'il a traversé.

Cette rue existe depuis le Moyen-Âge : c'était déjà l'axe principal de la ville médiévale, reliant la forteresse royale au bas de la ville. Au fil des siècles, rois, nobles, marchands et habitants ordinaires l'ont parcouru, construit, reconstruit.

Les bâtiments qui la bordent aujourd'hui racontent plusieurs époques à la fois. Certaines façades datent du XVIe ou XVIIe siècle. D'autres ont été reconstruites ou restaurées. Les closes, ces passages étroits qui s'en échappent perpendiculairement, existaient déjà à l'époque médiévale comme accès aux cours intérieures et aux logements entassés en hauteur. On marchait ici quand Edimbourg était l'une des villes les plus densément peuplées d'Europe.

Aujourd'hui, le Royal Mile est à la fois un axe touristique majeur et une rue vivante, habitée, commerçante. Cette dualité est précisément ce qui le rend passionnant.

Le Royal Mile selon l'heure : trois ambiances, une même rue

Ce qui est fascinant avec le Royal Mile d'Edimbourg, c'est qu'il se transforme complètement au fil de la journée.

Le matin, c'est calme, presque vide. Les pavés sont encore humides, les boutiques fermées, et on a envie de traîner sans destination précise. C'est le meilleur moment pour descendre vers Cockburn Street prendre un café, observer les façades sans la foule, et s'aventurer dans les closes avant que les touristes arrivent. Cockburn Street mérite d'ailleurs un détour à part entière : cette rue courbe qui descend depuis le Royal Mile regorge de petites boutiques indépendantes, de cafés chaleureux et d'une atmosphère plus locale que l'artère principale.

La journée, ça fourmille. Artistes de rue, groupes de visiteurs, boutiques de souvenirs ouvertes, restaurants qui affichent complet. C'est animé, parfois bruyant, mais c'est aussi ce qui fait le charme du lieu. L'atmosphère est festive, bon enfant, et on se laisse porter facilement.

Le soir, le Royal Mile bascule dans un autre registre. Les pubs s'animent, la lumière change, et la rue retrouve quelque chose de plus intime. C'est mon moment préféré pour s'y poser : une pinte dans un pub de l'Old Town, les gens qui passent dehors, et cette sensation très agréable de faire partie du décor.

Ce qu'on fait sur le Royal Mile d'Edimbourg

Le Royal Mile concentre une grande partie des incontournables d'Edimbourg. Le château, à l'extrémité ouest, est une visite à part entière. Perché sur son rocher volcanique, il domine toute la ville et abrite des siècles d'histoire écossaise : les joyaux de la Couronne, la Stone of Destiny, les appartements royaux.

C'est impressionnant, parfois chargé en monde, mais incontournable pour comprendre ce qu'Edimbourg a été (si cette visite vous tente, la réservation est indispensable)

À l'autre bout du Royal Mile, le palais de Holyrood mérite le détour si l'histoire royale écossaise vous intéresse. C'est la résidence officielle du roi en Écosse, et les appartements de Mary Queen of Scots notamment sont fascinants. Prévoir un peu de temps : le site est grand et riche, et comporte notamment les ruines d’une abbaye royale : c’est un spectacle de toute beauté.

Et entre les deux, il y a tout le reste. J'ai passé beaucoup de temps sur la partie entre le château et le Tron Kirk — la plus dense, la plus vivante. Les boutiques de souvenirs y sont nombreuses, certaines touristiques, d'autres plus authentiques. J'ai mangé au Cannonball Restaurant, juste en face du château : cadre magnifique, cuisine écossaise soignée, vue sur l'esplanade. Une adresse que je recommande sans hésiter.

Les closes du Royal Mile : dans les coulisses d'Edimbourg

Le Royal Mile ne se visite pas qu'en ligne droite. De chaque côté de l'artère principale partent des closes, ces passages étroits qui descendent vers les niveaux inférieurs de la ville. Certains débouchent sur des cours cachées, d'autres sur des impasses, d'autres encore sur des points de vue inattendus. Ce sont les coulisses d'Edimbourg, celles que les touristes pressés ne voient pas.

Ce que j'aime autant que les closes elles-mêmes, ce sont leurs noms. Fleshmarket Close, par exemple : ça sonne comme un titre de roman gothique. En réalité c'était simplement l'abattoir de la ville. Anchor Close tirait son nom d'une taverne. Les noms de closes racontent la ville médiévale mieux que n'importe quel panneau touristique.

La plus célèbre est Mary King's Close, aujourd'hui accessible en visite guidée payante. Mary King était une marchande veuve du XVIIe siècle, propriétaire de plusieurs biens dans la close qui portait son nom — et titulaire du droit de vote au conseil municipal d'Edimbourg, trois cents ans avant que les femmes ne l'obtiennent légalement. La close a été scellée au XVIIIe siècle lors de la construction du Royal Exchange, conservant intacts ses murs, ses foyers et ses escaliers. En 1645, la peste y avait tué un quart de la population de la ville en quelques semaines. On visite aujourd'hui une rue du XVIIe siècle littéralement figée sous les pavés du Royal Mile. Si vous voulez la visiter, je vous conseille de réserver la visite de Mary King's Close en avance : les créneaux partent vite.

Les autres closes sont accessibles librement. Petit avertissement honnête : les escaliers sont raides. Vraiment raides. Prévenez vos genoux.

Ce que je nuancerai : les montreurs de rapaces du Royal Mile

Sur le Royal Mile, vous croiserez probablement des montreurs de rapaces — des faucons ou des chouettes posés sur un perchoir, proposés à la photo contre rémunération. Ça s'inscrit dans le décor médiéval de la rue, je comprends l'attrait.

Mais voilà ce que je préfère dire clairement : la plupart des rapaces utilisés pour ce type d'attraction sont des espèces nocturnes. Les chouettes, notamment, dorment le jour et sont exposées en pleine lumière, au bruit, à la foule, pendant des heures. Tous les rapaces sont par nature des animaux solitaires — le contact prolongé avec des inconnus qui se succèdent toute la journée est une source de stress réel, pas un détail anecdotique. Ce sont des prédateurs sauvages, pas des peluches.

Je ne dis pas que tous les opérateurs sont malveillants. Mais le bien-être animal dans ce type d'activité est rarement la priorité, et les conditions d'exposition sur le Royal Mile ne sont objectivement pas adaptées à ces animaux. C'est un choix personnel, et maintenant vous avez les éléments pour le faire en connaissance de cause.


Le Royal Mile d'Edimbourg n'est pas seulement une rue touristique à cocher. C'est un axe vivant, chargé d'histoire, qui change de visage selon l'heure et la saison. Visiter le Royal Mile, c'est visiter le cœur de la capitale écossaise : une rue qui a traversé des siècles sans perdre son caractère, et qui continue de surprendre même quand on la connaît déjà.

➤ Si vous préparez votre séjour à Edimbourg et que vous voulez organiser vos journées avec cohérence, j'ai rassemblé toutes mes recommandations dans mon guide sur quoi faire à Edimbourg.


Suivant
Suivant

Edimbourg en hiver : ce que j’ai vécu en janvier, et pourquoi je le recommande