Visiter Procida, Italie : le guide complet de l'île discrète de la baie de Naples

Procida, Italie, c'est une petite île de la baie de Naples qui figure rarement en tête des itinéraires — et c'est précisément ce qui en fait le charme. Moins connue que Capri, moins structurée qu'Ischia, elle séduit par ses maisons colorées, son port de pêche authentique et cette atmosphère de bout du monde à 40 minutes de Naples. Une île méditerranéenne qui n'essaie pas de vous impressionner, et qui finit pourtant par s'imposer comme l'un des endroits les plus attachants du sud de l'Italie.

Je suis allée deux fois à Ischia, et à chaque fois, je suis passée par Procida. La première fois par curiositéelle figurait souvent parmi les plus belles destinations italiennes, et je voulais voir si elle méritait vraiment sa réputation. Spoiler : oui, sans aucun doute. La deuxième fois, j’y suis allée parce que c'était devenu une évidence. Pas un détour agréable, mais une excursion qu'il était impensable de ne pas faire. Voici pourquoi visiter Procida depuis Ischia est une des meilleures décisions que vous puissiez prendre lors d'un séjour en Campanie.


Procida est une île de 3,7 km² dans la baie de Naples, à 40 minutes en ferry de Naples et 25 minutes d'Ischia. Elle séduit par ses maisons pastel, son port de Marina Corricella et son village médiéval de Terra Murata. Comptez une journée complète.

Ischia et Procida : deux îles, deux expériences complémentaires

Ischia est plus grande, plus variée, plus structurée. On peut y rester plusieurs jours sans s'ennuyer : plages, thermes, villages, randonnées, restaurants pour tous les budgets, activités pour les enfants… L'offre est large, et c'est précisément ce qui en fait une destination accessible à presque tout le monde. C'est une île qui prend soin de ses visiteurs.

Procida joue dans un registre complètement différent. Plus petite, plus discrète, avec beaucoup moins d'infrastructure touristique — et c'est exactement pour ça qu'on y va. On n'est pas accueilli, on arrive. L'île ne s'adapte pas à vous : c'est vous qui vous adaptez à elle. Et paradoxalement, c'est ça qui la rend si attachante.

Pour moi, Procida ne remplace pas Ischia. Elle apporte quelque chose qu'Ischia, seule, ne fait pas tout à fait : ce sentiment d'être en terre inconnue, hors du temps, dans une île qui n'a pas encore décidé de devenir une destination. Une île qui vous séduit sans chercher à le faire.

Île de Procida, Italie - vue sur le port de Marina Grande depuis le ferry

Comment aller à Procida ?

Depuis Naples

Depuis le port de Naples (Molo Beverello), plusieurs compagnies assurent des liaisons régulières vers Procida. Comptez environ 35 minutes en hydroglisseur, une heure en ferry classique. Les billets sont disponibles sur place ou en ligne via DirectFerries — en haute saison, mieux vaut réserver.

Depuis Ischia

C'est l'option la plus simple si vous séjournez sur l'île. Depuis le port d'Ischia Porto, la traversée dure environ 25 minutes. Les ferries partent régulièrement en journée. Aucune logistique lourde : on part le matin, on rentre le soir.

Une fois sur place

Procida se parcourt facilement à pied entre Marina Grande, Marina Corricella et Terra Murata. Pour aller jusqu'à Chiaiolella ou les plages de l'autre côté de l'île, des bus locaux (lignes L1, C1) font le tour pour environ 1,20 € le trajet. En haute saison, les voitures sont interdites sur l'île pour les non-résidents — ce qui contribue largement à son atmosphère.

Procida, Italie - vue sur Terra Murata et les maisons colorées depuis les hauteurs de l'île

Que voir à Procida ?

Marina Corricella

C'est le visage le plus célèbre de Procida — et le plus mérité. Ce port de pêche du XVIIe siècle est bordé de maisons pastel serrées les unes contre les autres, peintes à l'origine pour que les pêcheurs reconnaissent leur foyer depuis la mer. Le résultat est d'une beauté presque irréelle : pas tape-à-l'œil, pas artificiel — plutôt comme si le temps avait légèrement délavé chaque façade jusqu'à trouver exactement la bonne teinte.

C'est ici que tous mes souvenirs de Procida se concentrent : un quai, une terrasse de restaurant face aux bateaux, le clapotis de l'eau. Visuellement, Procida ressemble à un film italien des années 50. Et c'est un compliment.Terra Murata

En montant vers le château qui surplombe l'île, on accède au point de vue le plus saisissant de Procida. Terra Murata est le village médiéval fortifié de l'île, perché à son point culminant. On y trouve le Palazzo d'Avalos — ancienne résidence noble du XVIe siècle, transformée en prison jusqu'en 1988, aujourd'hui partiellement ouverte aux visites — et l'abbaye bénédictine de San Michele, construite au XIe siècle, qui abrite une bibliothèque de 8 000 manuscrits anciens.

À cet endroit précis, je suis toujours frappée par la perfection du moment : les couleurs, le relief, la mer, le calme. C'est typiquement le genre d'endroit où l'on range son téléphone — pas par discipline, mais parce qu'on réalise qu'aucune photo ne rendra vraiment justice à ce qu'on est en train de vivre.

Marina Grande

C'est le port principal, là où arrivent les ferries depuis Naples et Ischia. Moins photogénique que Corricella, mais vivant, commerçant, et idéal pour s'installer en terrasse à l'arrivée ou au départ. Les restaurants de poisson frais n'ont pas besoin de se vendre — ils existent, c'est tout.

La plage de Pozzo Vecchio

La plage la plus connue de Procida, rendue célèbre par le film Le Facteur avec Philippe Noiret. Sable sombre, eau cristalline, atmosphère calme. Accessible en bus depuis Marina Grande.

Plage de Procida, Italie - eau cristalline et falaises de l'île de la baie de Naples

Les plages de Procida

Procida n'est pas une île-plage au sens strict — c'est une île d'ambiance, de port et de ruelles. Mais elle a quand même quelques belles options :

  • Pozzo Vecchio : la plus connue, lieu de tournage du Facteur. Sable sombre, cadre sauvage, accès en bus.

  • Chiaiolella : la plus longue, la plus animée, plutôt fréquentée par les jeunes. Côté ouest de l'île.

  • Chiaia : adaptée aux familles, moins facile d'accès mais plus tranquille.

  • Ciraccio : sable noir, très calme, accessible en bus L1.

Conseils pratiques pour visiter Procida

Quand y aller : Avril-juin et septembre-octobre sont les meilleures périodes — températures agréables, affluence modérée. L'automne à Procida est particulièrement réussi : les ruelles se vident, la mer reste chaude, le rythme ralentit encore. En été, l'île est plus fréquentée (notamment par les excursionnistes napolitains du week-end). En hiver, certains établissements ferment.

Combien de temps : Une journée complète suffit pour faire le tour de l'île et voir l'essentiel. Deux jours sont possibles si on veut vraiment se poser. Au-delà, il faut assumer une vraie envie d'immobilité.

Budget : Procida est peu chère par rapport à Capri ou Ischia. Ferry depuis Naples : environ 12-15 € aller-retour selon la compagnie. Bus sur l'île : 1,20 € le trajet. Restaurants : très accessibles, poisson frais à des prix raisonnables.

Se déplacer : À pied entre Marina Grande, Corricella et Terra Murata. Bus local pour les plages et Chiaiolella. Les vélos électriques se louent facilement au port.

Voitures : Interdites aux non-résidents en haute saison (généralement de fin mars à fin octobre). C'est une des meilleures nouvelles pour l'atmosphère de l'île.

Vue panoramique sur l'île de Procida, Italie - Terra Murata et le port depuis la mer

À qui je recommande une visite de Procida

Honnêtement, à presque tout le monde — et je pèse mes mots.

Ma mère a le mal de mer. Elle est parfois un peu barbouillée en arrivant à Procida. Ça ne l'a jamais dissuadée d'y retourner. C'est dire.

Si vous décidez de tout faire à pied, il faut savoir que ça grimpe par endroits — notamment vers Terra Murata. Rien d'injouable, mais c'est à avoir en tête si vous avez des problèmes de mobilité. Disons que c'est dans le même registre qu'Édimbourg, Lisbonne ou Ischia : vallonné, pas insurmontable. Et comme dans ces villes, le jeu en vaut largement la chandelle.

C'est une île accessible, peu chère, facile à parcourir, compatible avec un séjour lent, un voyage hors-saison, une première approche de l'Italie du sud, ou simplement l'envie de souffler.

Je cherche sincèrement à qui la déconseiller — et je ne trouve pas.


Procida, en Italie, n’est pas une île qui se raconte avec des superlatifs. Elle ne fait pas de démonstration. Au coeur du sud de l’Italie, elle existe tranquillement, sans chercher à séduire. Et pourtant, à chaque séjour en Campanie, j’y retourne. Procida n’est peut être pas spectaculaire, mais elle est juste. Elle fait partie de ces îles méditerranéennes avec une lumière un peu douce, qui n’en fait jamais trop. Si vous aimez les endroits qui n’ont pas besoin de crier pour exister, alors Procida vaut le détour.

Procida fait partie de ces destinations qui se font très facilement. Le roadbook Ischia, l'île-volcan s'inscrit dans cette même logique : poser des repères clairs, rassembler l'essentiel au même endroit, et laisser la place à la facilité. Et pour plus d’idées avant de vous lancer, vous pouvez lire l’article complet sur Ischia.

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