Procida : le guide complet pour visiter l'île discrète de la baie de Naples
Procida, Italie, c'est une petite île de la baie de Naples qui reste étrangement en marge des grands circuits touristiques - et c'est précisément ce qui en fait le charme. Moins connue que Capri, moins structurée qu'Ischia, elle séduit par ses maisons colorées, son port de pêche authentique et cette atmosphère de bout du monde à 40 minutes de Naples. Élue Capitale italienne de la culture en 2022, première île à recevoir ce titre, Procida n'a pourtant rien changé à son rythme. Une île méditerranéenne qui n'essaie pas de vous impressionner, et qui finit pourtant par s'imposer comme l'un des endroits les plus attachants du sud de l'Italie.
Je suis allée deux fois à Ischia, et à chaque fois, je suis passée par Procida. La première fois par curiosité - elle figurait souvent parmi les plus belles destinations italiennes, et je voulais voir si elle méritait vraiment sa réputation. Spoiler : oui, sans aucun doute. La deuxième fois, j'y suis allée parce que c'était devenu une évidence. Pas un détour agréable, mais une excursion qu'il était impensable de ne pas faire. Voici pourquoi visiter Procida depuis Ischia est une des meilleures décisions que vous puissiez prendre lors d'un séjour en Campanie.
Procida est une île de 3,7 km² dans la baie de Naples, à 40 minutes en ferry du continent et 25 minutes d'Ischia. Élue Capitale italienne de la culture en 2022, elle séduit par Marina Corricella et son village fortifié de Terra Murata. Une journée suffit pour la visiter.
Ischia et Procida : deux îles, deux expériences complémentaires
Ischia est grande, équipée, capable d'occuper plusieurs jours sans effort : plages aménagées, thermes, offices de tourisme, restaurants pour tous les budgets. C'est une île qui prend soin de ses visiteurs.
Procida joue dans un registre complètement différent. Plus petite, moins structurée, avec beaucoup moins d'infrastructure touristique dans l'ensemble… et c'est exactement pour ça qu'on y va. L'île ne s'adapte pas à vous : c'est vous qui vous adaptez à elle. Et paradoxalement, c'est ça qui la rend si attachante.
Les deux îles ne se remplacent pas : Ischia est la base confortable, Procida la parenthèse plus brute. Pour moi, Procida apporte quelque chose qu'Ischia, seule, ne fait pas tout à fait : ce sentiment d'être en terre inconnue, hors du temps, dans une île qui n'a pas encore décidé de devenir une destination.
Comment aller à Procida ?
Depuis Naples
Depuis le port de Naples (Molo Beverello), plusieurs compagnies assurent des liaisons régulières vers Procida. Comptez environ 35 minutes en hydroglisseur, une heure en ferry classique. Les billets sont disponibles sur place ou en ligne : en haute saison, mieux vaut réserver.
Depuis Ischia
Depuis le port d'Ischia Porto, la traversée dure environ 25 minutes. Les ferries partent régulièrement en journée. Aucune logistique lourde : on part le matin, on rentre le soir.
Une fois sur place
Procida se parcourt facilement à pied entre Marina Grande, Marina Corricella et Terra Murata. Pour aller jusqu'à Chiaiolella ou les plages de l'autre côté de l'île, des bus locaux (lignes L1, C1) font le tour pour environ 1,20 € le trajet. En haute saison, les voitures sont interdites sur l'île pour les non-résidents, ce qui contribue largement à son calme.
Que voir à Procida ?
Marina Corricella
C'est le visage le plus célèbre de Procida, à juste titre. Ce port de pêche du 17ème siècle est bordé de maisons pastel serrées les unes contre les autres, peintes à l'origine pour que les pêcheurs reconnaissent leur foyer depuis la mer. Le résultat est d'une beauté tranquille : pas tape-à-l'œil, plutôt comme si le temps avait légèrement délavé chaque façade jusqu'à trouver exactement la bonne teinte.
C'est ici que tous mes souvenirs de Procida se concentrent : un quai, une terrasse de restaurant face aux bateaux, le clapotis de l'eau. Visuellement, Procida ressemble à un film italien des années 50. Et c'est un compliment.
Terra Murata
En montant vers le château qui surplombe l'île, on accède au point de vue le plus saisissant de Procida. Terra Murata est le village médiéval fortifié de l'île, perché à son point culminant (91 mètres). On y trouve le Palazzo d'Avalos, ancienne résidence noble du 16ème siècle, transformée en prison jusqu'en 1988, aujourd'hui visitable sur réservation en visite guidée, et l'abbaye bénédictine de San Michele, construite au 11ème siècle, qui abrite une bibliothèque de 8 000 manuscrits anciens.
C’est justement là, en prenant de la hauteur, que l’on a la meilleure vue sur la Marina Corricella : c'est typiquement le genre d'endroit où l'on range son téléphone, parce qu'on réalise qu'aucune photo ne rendra vraiment justice à ce qu'on a sous les yeux.
Marina Grande
C'est le port principal, là où arrivent les ferries depuis Naples et Ischia. Moins photogénique que Corricella, mais vivant, commerçant, et idéal pour s'installer en terrasse à l'arrivée ou au départ.
La plage de Pozzo Vecchio
La plage la plus connue de Procida, rendue célèbre par le film Le Facteur avec Philippe Noiret. Sable sombre, eau cristalline, atmosphère calme. Accessible en bus depuis Marina Grande.
L'île de Vivara
Reliée à Procida par un pont piéton de 120 mètres, Vivara est une réserve naturelle depuis 2002 : 0,4 km², plus de 200 espèces d'oiseaux migrateurs recensées, flore méditerranéenne protégée. L'accès est réglementé : on ne la visite qu'accompagné des guides naturalistes de la réserve. Peu de visiteurs font l'effort. C'est justement pour ça que ça vaut le détour si vous avez un peu de temps devant vous.
Les plages de Procida
Procida n'est pas une destination balnéaire au sens strict : c'est une île d'ambiance, de port et de ruelles. Mais elle a quand même quelques belles options, et elles ont plus de caractère qu'il n'y paraît au premier coup d'œil.
Pozzo Vecchio : la plus connue, lieu de tournage du Facteur. Sable sombre, cadre sauvage, accès en bus depuis Marina Grande.
Chiaiolella : la plus longue étendue de sable de l'île, au pied du petit port du même nom, face à Ischia. C'est la plage la mieux équipée (transats, restaurants), mais ses extrémités restent tranquilles, notamment côté pont piéton vers Vivara, où les falaises coupent du monde. Le mistral se lève souvent en fin d'après-midi.
Ciraccio : sa voisine directe, séparée par deux faraglioni de tuf détachés de la falaise par l'érosion. Plus isolée, moins équipée, plus calme - et un coucher de soleil sur Ischia qui vaut le déplacement à lui seul.
Chiaia : une plage cachée en contrebas de Terra Murata, accessible par un escalier taillé dans la roche. Peu fréquentée, avec vue sur Corricella et la citadelle : le genre d'endroit qu'on est content d'avoir cherché.
Où dormir à Procida
En vrai, Procida peut très bien se faire en une journée : arrivée le matin, départ le soir. Mais si vous avez envie de rester, sachez que l'île se prête bien à un vrai séjour, une fois les excursionnistes repartis.
Pas de grande chaîne hôtelière sur l'île : l'offre tient presque entièrement en chambres d'hôtes et petites maisons d'hôtes, souvent d'anciennes demeures de pêcheurs. Comptez sensiblement moins cher qu'à Ischia ou Capri : autour de 70-100 € la nuit en formule simple, 130-200 € pour un B&B de catégorie supérieure.
Le nombre de lits reste limité à l'échelle de l'île. En haute saison, mieux vaut réserver 4 à 6 semaines à l'avance : les meilleures adresses partent vite. Si vous logez à Marina Corricella, sachez que l'accès se fait uniquement à pied par des escaliers : à prendre en compte si vous avez des bagages lourds ou des contraintes de mobilité.
Conseils pratiques pour organiser son séjour à Procida
Quand y aller : Avril-juin et septembre-octobre sont les meilleures périodes : températures agréables, affluence modérée. L'automne à Procida est particulièrement charmant : les ruelles se vident, la mer reste chaude, le rythme ralentit encore davantage. En été, l'île est plus fréquentée (notamment par les excursionnistes napolitains du week-end). En hiver, certains établissements ferment.
Combien de temps : Une journée complète suffit pour faire le tour de l'île et voir l'essentiel. Deux jours sont possibles si vous voulez vraiment vous poser, ou si vous comptez ajouter Vivara au programme. Au-delà, il faut assumer une vraie envie d'immobilité.
Budget : Procida est peu chère par rapport à Capri ou Ischia. Ferry depuis Naples : 12 à 20 € aller-retour selon la compagnie. Bus sur l'île : 1,20 € le trajet. Palazzo d'Avalos : quelques euros en visite guidée. Restaurants : très accessibles, poisson frais à des prix raisonnables.
Se déplacer : À pied entre Marina Grande, Corricella et Terra Murata. Bus local pour les plages et Chiaiolella. Les vélos électriques se louent facilement au port.
Voitures : Interdites aux non-résidents en haute saison (généralement de fin mars à fin octobre). C'est une des meilleures nouvelles pour l'atmosphère de l'île.
À qui je recommande une visite de Procida
Honnêtement, à presque tout le monde, et je pèse mes mots.
Ma mère a le mal de mer. Les trajets en ferry sont pour elle une torture. Ça ne l'a jamais dissuadée de retourner à Procida à chacun de ses voyages à Ischia. C'est dire.
Si vous décidez de tout faire à pied, il faut savoir que ça grimpe par endroits, notamment vers Terra Murata. Rien d'injouable, mais c'est à avoir en tête si vous avez des problèmes de mobilité. Disons que c'est dans le même registre qu'Édimbourg ou Lisbonne : vallonné, pas insurmontable. Et comme dans ces villes, le jeu en vaut largement la chandelle.
C'est une île accessible, peu chère, facile à parcourir, compatible avec un séjour lent, un voyage hors-saison, une première approche de l'Italie du sud, ou simplement l'envie de souffler.
Je cherche sincèrement à qui la déconseiller, et je ne trouve pas.
Procida, en Italie, n’est pas une île qui se raconte avec des superlatifs. Elle ne fait pas de démonstration. Au coeur du sud de l’Italie, elle existe tranquillement, sans chercher à séduire. Et pourtant, à chaque séjour en Campanie, j’y retourne. Procida n’est peut être pas spectaculaire, mais elle est juste. Elle fait partie de ces îles méditerranéennes avec une lumière un peu douce, qui n’en fait jamais trop. Si vous aimez les endroits qui n’ont pas besoin de crier pour exister, alors Procida vaut le détour.
Procida fait partie de ces destinations qui se font très facilement. Le roadbook Ischia, l'île-volcan s'inscrit dans cette même logique : poser des repères clairs, rassembler l'essentiel au même endroit, et laisser la place à la facilité. Et pour plus d’idées avant de vous lancer, vous pouvez lire l’article complet sur Ischia.