Snorkeling à Silfra : nager entre deux plaques tectoniques en Islande
Silfra, c'est une fissure immergée dans le parc national de Thingvellir, en Islande — et l'un des rares endroits au monde où l'on peut nager entre deux plaques tectoniques, dans une eau glacée issue des glaciers, avec une visibilité quasi irréelle. Le snorkeling à Silfra figure sur beaucoup de listes de choses à faire en Islande, et j'en atteste : la réalité est à la hauteur de la réputation.
J'y étais passée plusieurs fois sans m'y arrêter, traversant Thingvellir sans imaginer ce qui se passait sous mes pieds. Quand j'y suis finalement allée, avec un ami aussi anxieux que moi, je pensais cocher une case. Je ne savais pas encore que ce serait l'un des moments les plus marquants du voyage. Voici mon retour d'expérience complet — y compris les appréhensions, l'équipement, et ce à quoi s'attendre vraiment.
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Le snorkeling à Silfra se pratique dans la faille tectonique du parc national de Thingvellir, en Islande. L'eau glaciaire filtrée offre une visibilité de plus de 100 mètres et reste entre 2 et 4°C toute l'année. La combinaison étanche est obligatoire — elle est fournie par les prestataires.
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Pourquoi faire du snorkeling à Silfra est vraiment unique ?
Faire du snorkeling à Silfra, ce n'est pas "juste" faire du snorkeling.
On nage dans une faille tectonique, entre deux plaques continentales, dans une eau issue des glaciers, à environ 2°C, avec une visibilité presque irréelle. On parle souvent de "l'eau la plus claire du monde" et pour une fois, ce n'est même pas une formule marketing. L'eau du glacier Langjökull met entre 30 et 100 ans pour parcourir 50 kilomètres à travers les champs de lave avant d'atteindre Silfra — ce filtrage naturel exceptionnel explique cette pureté.
Des plongées magnifiques, il y en a partout. Silfra, en revanche, n'existe qu'ici. Et c'est précisément ce caractère unique qui m'a fait me dire "je le fais".
Les 4 sections de la faille
La faille de Silfra se parcourt d'amont en aval, portée par un courant très léger. Elle se compose de quatre sections distinctes, chacune avec son caractère propre.
Silfra Big Crack — La section d'entrée, la plus étroite. Les parois sont si proches que vous pouvez tendre les bras et toucher simultanément la plaque nord-américaine et la plaque eurasienne. Oui, littéralement deux continents en même temps. Même si vous venez d’entrer dans l’eau et que vous apprivoisez les sensations, prenez le temps de profiter de cette section !
Silfra Hall — La faille s'élargit. Les roches prennent des teintes de vert, de bleu et de jaune selon la lumière. Le paysage sous-marin devient plus spacieux : on comprend vite pourquoi les plongeurs en parlent comme d'un lieu de méditation. Je me suis lentement laissée dériver dans cette section, j’étais hypnotisée par le spectacle.
Silfra Cathedral — La section la plus profonde. Les parois se dressent de part et d'autre, les couleurs s'intensifient. La lumière qui filtre dans l'eau à cette profondeur est quelque chose d'assez difficile à décrire sans tomber dans le lyrique facile. Je vais quand même essayer : c'est bleu, c'est immense, et ça calme quelque chose dans le cerveau (et dieu sait que le mien peut bénéficier d’un peu de calme)
Silfra Lagoon — Le lac final, plus large et plus lumineux. Le fond est visible à des dizaines de mètres, les algues émeraude colorent les roches. C'est ici que se termine la plongée, avant la sortie par l'échelle. En ce qui me concerne, je commençais à fatiguer donc j’ai un peu plus subi cette partie !
Avant d’y aller : les appréhensions (et pourquoi je les comprends très bien)
Ceux qui me connaissent le savent : je suis une éternelle angoissée. L’ami avec qui j’étais pour faire cette excursion est également extrêmement anxieux.
Avant d’aller à Silfra, nous avons passé beaucoup de temps à lire des retours d’expérience sur des questions très concrètes :
Est-ce qu’on peut paniquer dans l’eau ?
Est-ce que l’on peut se sentir désorienté ?
Est-ce que cela ne risque pas de me déclencher une crise de claustrophobie ?
Est-ce que le froid est supportable ?
Est ce qu’il y a déjà eu des morts ? (j’exagérais pas quand je disais qu’on était des anxieux, hein)
Je précise : nous avions tous les deux déjà fait de la plongée et du snorkeling, mais jamais dans une eau aussi froide, et jamais avec une combinaison étanche aussi épaisse. Premier point rassurant pour nous : à Silfra, pas de plongée bouteille sans certification PADI. Nous avons donc fait du snorkeling — et honnêtement, c'est déjà bien suffisant.
Comment se passe l’expérience, très concrètement ?
On se retrouve sur un petit parking, directement dans le parc. Nous avons eu une chance incroyable : nous étions deux participants pour deux accompagnateurs. Autant dire que l’encadrement était ultra-personnalisé.
Le briefing est long, précis, et surtout très rassurant. Toutes les questions sont les bienvenues. Les accompagnateurs prennent le temps, expliquent, reformulent. Pour nous et nos angoisses, c’était fondamental.
L’équipement (la partie la moins agréable, soyons honnêtes)
On reste habillé : chaussettes, leggings et sous couche. Par-dessus, on enfile une combinaison étanche en Néoprène très épais, avec des joints serrés au niveau des poignets et du cou, pour empêcher l’eau d’entrer.
C’est lourd. C’est encombrant. C’est inconfortable.
Personnellement, je supporte déjà mal les cols roulés, alors être serrée au niveau du cou, c’était complexe pour moi. Mais sans cette combinaison, entrer dans l’eau aurait été impossible sans risquer l’hypothermie.
L’entrée dans l’eau a été une surprise.
Contrairement à ce que l’on imagine, le froid n’est pas le choc principal. On le sent légèrement au niveau des mains et du visage, mais c’est très supportable.
Ce qui frappe immédiatement, c’est la visibilité. Les distances semblent déformées, presque oniriques. On a l’impression de flotter dans un espace irréel.
A un moment donné, je me suis laissée dériver, allongée sur l’eau, regardant vers le bas. L’accompagnateur me tenait doucement par le talon pour éviter que je ne parte avec le courant, si faible qu’il était. C’était spectaculaire et profondément contemplatif.
Est-ce que c’est adapté aux personnes anxieuses ?
A qui je recommanderais cette activité ? Honnêtement, à beaucoup de monde — si on est un minimum à l'aise avec l'eau.
L'ami avec qui j'étais avait peur de paniquer, d'être désorienté, de ne pas y arriver. Aucune de ses peurs ne s'est concrétisée. Quand la fatigue a pris le dessus, l'accompagnateur l'a doucement tracté vers l'échelle de sortie. L'encadrement était constant, attentif, jamais intrusif.
En revanche, je ne recommanderais pas Silfra à quelqu'un qui n'est pas du tout à l'aise dans l'eau, ou qui panique dès qu'il n'a pas pied.
Pour le reste — condition physique, âge, expérience préalable — ce n'est pas un obstacle. Il faut avoir au moins 16 ans, savoir nager, et remplir un formulaire médical avant de réserver (les prestataires l'envoient à la confirmation).
Comment l'intégrer à son voyage
Silfra s'intègre parfaitement lors d'une journée au Cercle d'Or. Dans notre cas, nous avons commencé par une promenade à Thingvellir, fait l'activité snorkeling, profité du chocolat chaud offert à la fin, puis nous sommes repartis en voiture vers Geysir. L'activité dure au total environ 3 heures, avec un temps large consacré au briefing et à l'équipement.
Silfra est une activité forte, mais elle prend tout son sens dans un séjour bien construit. Savoir comment articuler le Cercle d'Or, la côte sud, Reykjavik — avec le bon timing pour chaque étape — change vraiment la qualité de ce qu'on retient.
Si vous aimez voyager en comprenant les lieux que vous traversez, sans multiplier les casse-têtes logistiques, le carnet de voyage Islande : La route des éléments a été conçu exactement pour ça.
Est-ce que je recommande le snorkeling à Silfra ? Oui, sans hésitation.
C'est une expérience très particulière en Islande. Une plongée en combinaison étanche, dans une eau réputée parmi les plus claires au monde, cachée en plein milieu du parc national de Thingvellir. La visibilité est spectaculaire, la lumière est irréelle, et l'immersion change totalement la manière dont on perçoit ce paysage du Cercle d'Or.
Le snorkeling à Silfra ne demande pas d'être un plongeur expérimenté, mais il faut accepter l'idée de porter un équipement inconfortable pour supporter l'eau glaciale et les 2°C de la faille tectonique. L'encadrement est sérieux, l'organisation est fluide, et l'activité s'intègre facilement dans une journée entre Reykjavik et la côte sud de l'Islande.
Pour moi, cette excursion de snorkeling a été l'un des moments les plus singuliers du voyage. Une autre façon de découvrir Thingvellir — plus intérieure, plus silencieuse, mais profondément marquante.