Palais de Holyrood : mon avis et mes conseils pour le visiter
Il y a une pièce, au palais de Holyrood, où l'on entre en silence sans que personne le demande. C'est la chambre de Marie Stuart, en haut d'un escalier en colimaçon, et c'est elle qui fait de Holyrood autre chose qu'une résidence royale de plus.
Au bout du Royal Mile, au pied d'Arthur's Seat, Holyroodhouse (Holyrood Palace pour les Écossais) est toujours la résidence officielle de Charles III quand il séjourne à Édimbourg. Les salles d'apparat servent encore. Les appartements de Marie Stuart, eux, n'ont plus qu'une fonction depuis 1566 : rappeler ce qui s'y est passé.
Voici mon avis sur la visite, et tout ce qu'il faut savoir avant de prendre votre billet.
Cet article contient un lien partenaire : si vous réservez via ce lien, je touche une commission, sans surcoût pour vous, ce qui permet de soutenir En Route, Mauvaise Troupe. Merci !
Le palais de Holyrood se visite toute l'année (du jeudi au lundi hors été). Comptez 1h30 à 2h avec l'audioguide en français, et 22£ en réservant en ligne contre 26£ sur place. Le moment fort : les appartements de Marie Stuart, où Rizzio fut assassiné en 1566.
Holyrood vaut-il la visite ? Mon avis
Oui. Avec une précision : on ne vient pas à Holyrood pour être écrasé par la grandeur. On vient parce qu’il est assez rare d'entrer dans des pièces où l'histoire a eu lieu, et pas dans un décor qui la raconte.
La première moitié de la visite est classique : salles d'apparat, plafonds en stuc, tapisseries, une salle du trône qui sert toujours. C'est beau, c'est soigné, c'est… un palais quoi. Puis l'escalier se resserre, les plafonds descendent, et on arrive chez Marie Stuart. L'ambiance change d'un coup.
Je vous dois un aveu. Trois fois de suite, dans la salle du trône, je me suis excusée d'avoir bousculé quelqu'un. Trois fois, il n'y avait personne. Le plus drôle, c'est que l'audioguide donnait à ce moment précis la parole à la princesse Anne, qui explique en substance qu'elle ne croit pas du tout le palais hanté et qu'elle s'y sent très bien. Avec tout le respect dû à Son Altesse Royale, je pense qu'elle se plante. Ou alors les entités qui traînent dans le coin ont simplement plus de déférence envers la famille royale qu'envers les touristes. Si ce genre d'histoire vous parle, les fantômes d'Édimbourg ont leur propre article.
Si vous aimez l'histoire royale et les lieux chargés, Holyrood est un passage obligé. Si vous voyagez avec des enfants qui ont besoin de remparts et de canons, privilégiez le château.
Holyrood ou le château d'Édimbourg ?
Les deux sont sur le Royal Mile, l'un au sommet du rocher volcanique, l'autre en bas. On les confond souvent, à tort : le château est une forteresse, Holyrood est une maison. Les pièces sont meublées, entretenues, utilisées pour des dîners d'État et des réceptions officielles. La salle du trône n'est pas un vestige.
Si vous n'avez le temps (ou le budget) que pour un seul : le château pour la vue et l'histoire militaire, Holyrood pour l'intimité et Marie Stuart. Si vous faites les deux, gardez le château pour le matin et descendez le Royal Mile à pied jusqu'à Holyrood l'après-midi. C'est la promenade la plus logique d'Édimbourg. J'ai consacré un article entier à la visite du château d'Édimbourg, avec les mêmes questions de billets et d'horaires.
Un détail en arrivant : levez les yeux vers les grilles d'entrée. Les deux licornes enchaînées du blason sont la version écossaise des armoiries royales, et cette licorne a une histoire bien plus tordue qu'elle n'en a l'air.
Ce qu'on voit pendant la visite
Le parcours est balisé et se fait avec un audioguide multimédia, disponible en français et inclus dans le billet. Il dure environ une heure. Le reste dépend de votre capacité à rester planté devant un plafond.
Les salles d'apparat
Grand escalier, plafonds en stuc, tapisseries flamandes du 17e siècle, mobilier d'époque : c'est la partie protocolaire. La salle du trône et la salle d'audience servent toujours pendant la semaine royale, fin juin début juillet, quand le roi s'installe à Édimbourg.
La Grande Galerie
Quarante-quatre mètres de long, 96 portraits des rois d'Écosse, réels ou supposément réels, puisque la série remonte aux origines légendaires de la monarchie. Le peintre Jacob de Wet les a livrés au rythme d'un par semaine pendant deux ans. Le résultat est d'une homogénéité troublante quand on sait que certains de ces rois ont été peints d'après des descriptions littéraires.
Regardez de près : certaines toiles portent encore les coups de sabre de soldats gouvernementaux logés au palais en 1746. Les rois d'Écosse avaient survécu à des siècles de guerres. Pas à une garnison qui s'ennuyait. C'est aussi dans cette galerie que Bonnie Prince Charlie a donné son bal en 1745, quelques mois avant que tout s'effondre pour lui.
Les appartements de Marie Stuart
On y accède par un escalier en colimaçon étroit, dans la tour nord-ouest construite par Jacques V. Les pièces sont petites, basses, avec des plafonds en bois peints dont l'héraldique célèbre l'alliance franco-écossaise de sa jeunesse. Marie Stuart a vécu ici de 1561 à 1567 : rentrée de France veuve à 18 ans, elle y épouse Lord Darnley en 1565.
Le 9 mars 1566, la reine, enceinte de six mois, dîne avec quelques proches, dont son secrétaire David Rizzio, musicien piémontais devenu son confident. Une vingtaine d'hommes armés, menés par les nobles protestants et par Darnley lui-même, convaincu que Rizzio est l'amant de sa femme, font irruption. Rizzio s'accroche aux jupes de la reine. Il est traîné hors de la pièce et poignardé 57 fois.
La tache au sol qu'on montre aux visiteurs n'a plus grand-chose de sanglant : elle a été entretenue pendant des siècles pour l'effet. Le détail dit quelque chose de l'Écosse et de son rapport à sa propre histoire : pragmatique, un peu morbide, totalement assumé.
L'enfant que Marie portait cette nuit-là est devenu Jacques VI d'Écosse, puis Jacques Ier d'Angleterre. Même bonhomme, deux couronnes, deux numéros de règne. J'avoue avoir passé une partie de la visite à me sentir très bête avant de comprendre ce que voulait dire Jacques « Six et Un ».
L'abbaye de Holyrood
Le billet donne accès aux ruines de l'abbaye, juste à côté du palais. Tout commence ici : en 1128, le roi David Ier fonde une abbaye augustinienne à l'endroit où, selon la légende, un cerf l'aurait attaqué avant de disparaître en lui laissant une croix entre les mains. « Holyrood » vient du scots Haly ruid : la Sainte Croix. Le toit s'est effondré au 18e siècle, et personne n'a jugé utile de le reconstruire. La ruine est intacte dans son état de ruine, ce qui en Écosse relève plus de la philosophie que de l'abandon.
L'enceinte offrait autrefois l'asile aux débiteurs. Le comte d'Artois, futur Charles X, s'y est réfugié après la Révolution pour échapper à ses créanciers. Un futur roi de France caché dans une abbaye écossaise pour ne pas payer ses dettes : l'épisode dit beaucoup sur l'état des finances royales françaises.
Horaires, durée et accès
Horaires (2026)
Novembre à mars : 9h30 à 16h30, dernière entrée à 15h15
Avril à octobre : 9h30 à 18h, dernière entrée à 16h30
Hors été, le palais n'ouvre que du jeudi au lundi. Il est ouvert tous les jours de fin mai à début septembre.
Fermetures : le palais ferme pendant la semaine royale (fin juin, début juillet), les 25 et 26 décembre, et parfois à court préavis. C'est une résidence en activité : vérifiez sur le site officiel avant de partir.
Durée : comptez 1h30 à 2h, abbaye comprise.
Accès : au bout du Royal Mile, côté Canongate. Quinze minutes à pied depuis la gare de Waverley, en descente. Le bus 35 s'arrête juste à côté.
Accessibilité : la majeure partie du palais est accessible, mais pas les appartements de Marie Stuart, uniquement desservis par l'escalier en colimaçon.
Mes conseils avant d'y aller
Arrivez à l'ouverture. Les appartements de Marie Stuart sont minuscules et l'escalier ne laisse passer qu'une personne à la fois. À l'ouverture, vous les avez quasiment pour vous.
Rangez le téléphone. Les photos sont interdites à l'intérieur du palais. Par contre, elles sont autorisées dans l’abbaye et c’est à mon sens l’endroit le plus photogénique de toute la ville.
Voyagez léger. Il n'y a pas de vestiaire, et les gros sacs sont refusés.
Prolongez dehors. Arthur's Seat commence juste derrière le palais, le Parlement écossais est en face, et le café du palais est accessible sans billet.
Billets pour le palais de Holyrood : tarifs et réservation
Tarifs 2026 (en ligne / sur place) :
Adulte : 22£ / 26£
18-24 ans : 14£ / 17£
Enfant (5-17 ans) : 11£ / 13£
Moins de 5 ans : gratuit
Le billet inclut l'audioguide en français et l'accès à l'abbaye. Bonus peu connu : à l'accueil, vous pouvez le convertir gratuitement en pass valable un an.
Deux options si vous voulez aller plus loin : un billet combiné avec la King's Gallery voisine (10 % de réduction, exposition actuelle jusqu'au 6 décembre 2026), ou une visite guidée privée à 55£, organisée les jours où le palais est fermé au public.
Réserver à l'avance, c'est 4£ économisées par adulte et pas de file à la billetterie en haute saison. Sur GetYourGuide, le billet s'affiche à 26€ : c'est le tarif en ligne de 22£ converti en euros, pas le prix du guichet. Vous payez directement en euros, sans frais de change, et l'annulation est gratuite jusqu'à 24h avant la visite.
Le palais de Holyrood n'est pas le monument le plus spectaculaire d'Édimbourg vu de la rue. Mais c'est celui où l'histoire écossaise se touche du doigt : une reine, un mariage, un meurtre, une abbaye en ruines, et un roi qui y dort encore quelques nuits par an. Deux heures et 22£ bien placées.
Pour caser Holyrood au bon moment de votre séjour, mon programme pour visiter Édimbourg en 4 jours est fait pour ça. Et le Royal Mile qui y mène a lui aussi son article.
Vous visitez Holyrood et vous voulez que l'histoire prenne encore plus d'épaisseur sur place ? Le roadbook Édimbourg, Ville Gothique inclut des vocaux exclusifs, dont un vocal dédié au meurtre de David Rizzio, à écouter directement dans les appartements de Marie Stuart. Et pour le reste du séjour, une carte interactive de plus de 120 adresses triées par thématique.