Snorkeling à Silfra
C’était le jour où nous avons parcouru le Cercle d’Or, après avoir commencé notre séjour à Reykjavik, et avant de poursuivre plus à l’est, vers Vik.
Silfra, j’en avais entendu parler depuis longtemps. Et pourtant, lors de mes premiers voyages en Islande (j’y suis allée cinq fois), je suis passée plusieurs fois à côté dans savoir que cette faille était ici, ni qu’on voulait y entrer.
Elle se trouve au coeur du parc national de Thingvellir, à un endroit que l’on traverse presque distraitement si l’on n’a pas l’information.
C’est sans doute ce qui rend l’expérience encore plus saisissante : découvrir tout ce monde sous-terrain que l’on ne soupçonne pas quand on est à la surface.
Pourquoi Silfra est vraiment unique ?
Faire du snorkeling à Silfra, ce n’est pas “juste” faire du snorkeling.
On nage dans une faille tectonique, entre deux plaques continentales, dans une eau issue des glaciers, à environ 2°C, avec une visibilité presque irréelle. On parle souvent de “l’eau la plus claire du monde” et pour une fois, ce n’est même pas une formule marketing.
Des plongées magnifiques, il y en a partout. Silfra, en revanche, n’existe qu’ici. Et c’est précisément ce caractère unique qui m’a fait me dire “je le fais”
Avant d’y aller : les appréhensions (et pourquoi je les comprends très bien)
Ceux qui me connaissent le savent : je suis une éternelle angoissée. L’ami avec qui j’étais pour faire cette excursion est également extrêmement anxieux.
Avant d’aller à Silfra, nous avons passé beaucoup de temps à lire des retours d’expérience sur des questions très concrètes :
Est-ce qu’on peut paniquer dans l’eau ?
Est-ce que l’on peut se sentir désorienté ?
Est-ce que cela ne risque pas de me déclencher une crise de claustrophobie ?
Est-ce que le froid est supportable ?
Est ce qu’il y a déjà eu des morts ? (oui, comme je vous l’ai dit, nous sommes deux gros anxieux)
Je précise : nous avions tous les deux déjà fait de la plongée et du snorkeling, mais jamais dans une eau aussi froide, et jamais avec une combinaison étanche aussi épaisse. Premier point rassurant pour nous : à Silfra, pas de plongée bouteille sans certification. Nous avons donc fait du snorkeling - et honnêtement, c’est déjà bien suffisant.
Comment se passe l’expérience, très concrètement ?
On se retrouve sur un petit parking, directement dans le parc. Nous avons eu une chance incroyable : nous étions deux participants pour deux accompagnateurs. Autant dire que l’encadrement était ultra-personnalisé.
Le briefing est long, précis, et surtout très rassurant. Toutes les questions sont les bienvenues. Les accompagnateurs prennent le temps, expliquent, reformulent. Pour nous et nos angoisses, c’était fondamental.
L’équipement (la partie la moins agréable, soyons honnêtes)
On reste habillé : chaussettes, leggings et sous couche. Par-dessus, on enfile une combinaison étanche en Néoprène très épais, avec des joints serrés au niveau des poignets et du cou, pour empêcher l’eau d’entrer.
C’est lourd. C’est encombrant. C’est inconfortable.
Personnellement, je supporte déjà mal les cols roulés, alors être serrée au niveau du cou, c’était complexe pour moi. Mais sans cette combinaison, entrer dans l’eau aurait été impossible sans risquer l’hypothermie.
L’entrée dans l’eau a été une surprise.
Contrairement à ce que l’on imagine, le froid n’est pas le choc principal. On le sent légèrement au niveau des mains et du visage, mais c’est très supportable.
Ce qui frappe immédiatement, c’est la visibilité. Les distances semblent déformées, presque oniriques. On a l’impression de flotter dans un espace irréel.
A un moment donné, je me suis laissée dériver, allongée sur l’eau, regardant vers le bas. L’accompagnateur me tenait doucement par le talon pour éviter que je ne parte avec le courant, si faible qu’il était. C’était spectaculaire et profondément contemplatif.
Est-ce que c’est adapté aux personnes anxieuses ?
Honnêtement, oui, si elles sont un minimum à l’aise avec l’eau.
L’ami avec qui j’étais avec peur de paniquer, d’être désorienté, de ne pas y arriver. Aucune de ses peurs ne s’est concrétisée, et quand la fatigue a pris le dessus, l’accompagnateur l’a doucement tracté vers l’échelle de sortie.
L’encadrement était constant, attentif, jamais intrusif.
En revanche, je ne recommanderais pas Silfra à quelqu’un qui :
n’est pas du tout à l’aise dans l’eau
panique dès qu’il n’a pas pied
Pour le reste - condition physique, âge, expérience - ce n’est pas un obstacle.
Logistique : quand et comment l’intégrer dans un voyage ?
Silfra s’intègre parfaitement lors d’une journée au Cercle d’Or. Dans notre cas, nous avons commencé par une promenade à Thingvellir, fait l’activité snorkeling, avons profité de notre chocolat chaud offert à la fin, puis nous sommes repartis en voiture vers Geysir qui était notre étape suivante.
L’activité dure au total environ 3 heures, avec un temps large consacré au briefing et à l’équipement.
Et pour le reste du voyage…
Silfra est une activité forte, mais elle prend tout son sens dans un itinéraire bien pensé. Savoir comment tout articuler, avec le Cercle d’Or, quoi faire avant et après… tout cela contribue au bon souvenir que vous aurez de votre séjour.
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